Wednesday, January 30, 2008

Le circuit des Annapurnas (partie II)

Patnem (Goa), India
Jan 30th 2008

Jour 3

Nous avions pour objectif de faire une longue journée, d'avancer tant que la luminosité nous le permettrait. Cependant nul ne pouvait prévoir que des obstacles se dresserait sur ce chemin si fréquenté.

Nous débutons la marche sur un sentier très intéressant au bord du canyon de la rivière Marsyangdi. À certains endroits la montagne est tellement abrupte que le sentier est creusé dans le roc - mais honnêtement je ne peux pas imaginer comment cela a pu être construit sans dynamite à cette époque. À la fin de l'avant-midi, nous rencontrons un couple de touriste voyageant en sens inverse qui nous informe qu'il y a un blocus de Maoistes avant Tal (17800m), la prochaine ville. Nous pensons que c'est un attrape-touriste, étant donné que les locals de Pokhara nous ont dis que les Maoistes sont devenus un parti politique officiel. Nous poursuivons la marche en nous disons que nous n'avons qu'à attendre d'être un groupe suffisant et qu'ils n'auraient pas le choix de nous laisser passer.

À la fin de l'avant-midi, nous apercevons un drapeau rouge qui domine trois bâtisses isolées dans la milieu de nulle part. Le chemin est très étroit à cet endroit et devient très abrupte immédiatement après les maisons ; la confrontation est inévitable. Quelques touristes sont déjà là, à discuter fortement avec un groupe de 20-25 jeunes Népalais. Agés dans la vingtaine, les brigants sont vêtus de pantalons de camouflages, de t-shirt américains (!!) ou de polo avec la mention YCL (Young Communist League).

Ayant la ferme conviction qu'ils détiennent l'autorité sur le territoire, le gang nous bloque le chemin à moins que nous acceptions de payer une taxe de passage. Ce qui a pour effet d'épicer le ton de voix des conversations entre les touristes et les voleurs de grand chemin. Au travers le chaos verbal, nous expliquons que nous avons déjà payé notre de droit de passage à l'ACAP l'autorité gouvernementale. La discussion n'aboutissant à rien, nous essayons de passer - nous sommes maintenant environ 15. Les terroristes se ressèrerent les uns contre les autres dans le sentier pour nous bloquer le chemin. À notre seconde tentative ils empoignèrent Ellenora par la gorge, qui réagit en leur essènant des coups de pieds au bon endroit. Elle fut projetée sur le sol ainsi que d'autres touristes au premier rang. Ils répliquèrent en coups de pieds et coups de poings.. L'escalade de violence s'arrêta rapidement quand un des escrocs leva une pierre énorme à bout de bras. L'allure d'un barbare primitif en état de pannique dans son visage nous alertèrent qu'il était prêt à tuer.

Comme nous avons des intérêts de plus hautes importance que de jouer aux sauvages, nous n'eûmes d'autres choix que de négocier - avec fort peu de sympathie - un tarif de passage. Après avoir pris des photos des rebels, nous poursuivâmes notre route envahie par la colère jusqu'à Dharapani (1860m). Quel temps perdu !

***

Mettons un peu en contexte la situation politique du Népal. Depuis 2006, le roi a été complètement destitué de tous ses pouvoirs. La figure du roi disparait des nouveaux billets de monnaie, et plusieurs instituts nationaux portant le préfixe "Royal etc.." sont renommés. Le pouvoir fut divisé temporairement parmis les huits partis politiques du Parlement, en attendant une éventuelle élection.

D'abord les partis doivent s'entendre sur une formule constitutionnelle; mais le Parti Communist-Maoist, minoritaire et peu apprécié, s'objecte à toute formule non-communiste. Puis certains partis ayant peu de chance de sortir victorieux tirent avantage à ce que ce processus s'éternalise. Résultat : les élections ont été reportées trois fois déjà, et il n'y a toujours pas de dirigeant officiel au Népal depuis 2 ans.

L'instabilité politique semble la cause majeure du bourbier économique au Népal. Le pays est très vert, et riche en montagnes et rivières, l'agriculture est prospère est disponible presque partout, les touristes abondent (pour l'instant).. Mais comment peut-il développer ses infrastructures tant qu'il n'y a pas de leader politique qui puisse y concentrer ses énergies ?

Si rien ne bouge, le roi pourrait reprendre le pouvoir, ou bien les Maoistes.. Ou pourquoi pas l'Inde ou la Chine ?

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Jour 4

Nous dûmes attendre jusqu'à Chame (2670m) avant de pouvoir faire une déclaration à la police locale. Som, le porteur de Tanya, nous servi d'interprète. Après 30 minutes de discussion en Népalais, j'ai eu l'impression que cela ne servait à rien. D'abord ils ne voulaient pas accepter notre déclaration sur papier, puis ils ne semblaient pas trop concernés, ou même désolé de cet incident qui apparement appartenant à un autre district. Avaient-ils peur ? Étaient-ils corrompus ?

Bref que faire de plus pour l'instant ? Nous avions tous le désir d'oublier cet histoire et d'apprécier le charme du paysage. Par chance, les nuages se dispersèrent et nous apercûmes notre premier grand sommet à l'Ouest : Lamjung Himal (6930m).


Jour 5

Le jour suivant fut une longue journée de sérieuse ascension (600m d'élévation) plutôt ennuagée. Nous arrivons à une fourche où deux choix s'offrent à nous : continuer sur le terrain plat (Lower Pisang) ou grimper plus haut (Upper Pisang) pour éventuellement redescendre. Nous optons pour la route la plus longue en espérant que le ciel se dégage. Le coucher du soleil à Upper Pisang (3300m) était partiellement dégagé et les locaux nous pointèrent du doigt l'Annapurna II (7940m).. Wow quelle vue !


Jour 6

À notre réveil les nuages avaient disparus, et nous réalisâment que ce que nous avions vu le soir précédant n'était que le pied de l'Annapurna II - le sommet caché dans la brume se trouvait deux fois plus haut que l'endroit où nous regardions. 7900 mètres c'est quelle chose !

L'Annpurna II se distançant peu à peu de nous (bien sûr d'un point de vue objectif, il s'agirait de l'inverse) au cours de la journée, à chaque pas nous apercevons un peu plus de l'Annapurna IV (7530m), et éventuellement l'Annapurna III (7560m). À chaque virage du sentier, à chaque instant, il s'agit d'un nouveau paysage. Nous oublions totalement le poids sur notre dos. Cette journée est la plus spectaculaire depuis notre départ de Pokhara !

Nous rêvons profondément à Ngawal (3680m).


Jour 7

Nous rejoignons le sentier principal au bout de quelques heures, et nous arrivons à Manang (3540m) en début d'après-midi. Plus de touristes ici que partout ailleurs où nous avons été ! C'est parce que la plupart des trekkers s'arrêtent à Manang pour faire une journée d'acclimatisation à l'altitude - car Thorong La, l'ultime ascension du trek est proche.

Après une semaine de marche en montagne, la grosse bière sur le toit de l'hôtel en après-midi n'est pas un luxe, mais un besoin essentiel ! Manang est situé sur un plateau au bas d'une vallée, le contexte parfait pour apprécier les montagnes à la lumière du grand jour.

Croyez-le ou pas, mais il y'a un cinéma en ville ! Et le choix de film est très contextuel : "Into Thin Air" basé sur le livre de John Krakauer. Il s'agit d'un fait vécu il y a une quinzaine d'année. Il s'agit d'une expédition au le sommet de l'Everest qui a mal tourné. De riche touristes ambitieux et inexpérimentés paient 60 000$us pour aller sur le toit du monde. La moitié de l'équipage y périt... Inutile d'expliquer que ça n'a pas eu pour effet de nous réchauffer le coeur - en plus de faire froid à l'extérieur.

La présence de Yak dans la champs s'accompagnent de nouveux choix sur le menu : fromage de yak, et yak burger !

Je me réveille au milieu de la nuit. L'air est froid, et ma respiration plutôt rapide. L'eau dans ma bouteille est crystallisée. J'ai pris une petite marche afin de calmer ma respiration.


Jour 8

Premier contact avec l'altitude. Aujourd'hui nous allons au Ice Lake (4600m). Il s'agit d'une ascension de 1100 mètres en 3 heures. Au cours de la marche, je ressens un léger mal de tête et une fatigue inexpliquable. Le rythme cardiaque et la respiration s'accélère. Le but de cet exercice est d'aller plus haut au cours de la journée que l'endroit ou nous dormons. Le corps peut alors s'habituer à l'altitude et permettre de dormir à une plus haute élévation le jour suivant. Nous redescendons sur Manang avec plus facilité qu'à la montée.


Suite ...

Au dessus de 5000 mètres, les pensées s'évaporent avec l'oxygène...

Tuesday, January 22, 2008

Here, right now ; by the Indian Ocean

April 22nd 2008
Gokarna (Karnataka), INDIA

Today is Sun Day, again. I got out of my hammock a bit after the sunrise. Two chai (traditionnal indian tea) for breakfast ; I read one chapter of my book on tantra sex; and 2 chapters of my book on consciousness.

Gokarna is similar to Goa but without the music; the beach is so quiet and little crowded. Also the waves of the tide are much stronger than in Arambol (Goa). Gokarna beach is so huge and straight ; Arambol is more like a little bay so the waves are shanti shanti (peaceful). There is more cactus, but the climate feels the same. I am sharing a room with 2 germans (Andrew and Katherine), but none of us are using the bed. It is just a storage with a lock ; which we never bothered using...

Before the sun turned too intense, I left the books and sat in front of the waves for yoga. I then played my djembe for 2 hours.

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In Goa, I used to go to the drum workshop every morning at 10:00 am (Indian time is never the same ; how can it be ? ). Russ, an 54 years old English rasta man was our teacher, and friend. We used to practise in small group and then experiment the drum circles at night. Goa is not India, it is like a miniature Europe inside India : mostly everybody than went to school speaks a nearly-perfect english.

For instance, Goa remained a Portuguese colony even 14 years after India's independance in 1947. Even now, the European vibe is pretty flagrant whether in the food, the clothing style, the architecture, or even in the local customs - many Goan are Christian, are celebrating Christmas more religiously than we do. This unique culture has attracted many Westerners after World War II, and during the Cold War. Many French, Dutch, Israeli, Russians settled here and along with the Indians started making full-moon parties, which became commercially known as rave parties in the 60's and 70's.. With the influence of house, dance, and techno music the djembe beats have evolved into Goa trance. A music that is meant to transport your mind into transe, just by listening to it meditatively. However, this Goa is dead. Since 2006 the Indian Government set a ban on loud music in open areas after 10pm... (with a few exceptions around new year celebration). Sometimes the parties last till midnight, 1am, or very rarely 5am. Sometimes the police comes at 10pm; sometimes never comes. We have to forget about Full Moon Goa Trance parties in Goa...

But never mind this little deception, Arambol has really good drumming almost everynight, and sometimes till really early in the morning. I was already thinking of buying drum before coming here, but when I heard 3 mind-blowing drummers playing together on the beach, I was stunned. With each drum having its own sound and producing a different melody, we could imagine the richness and the purity, the root of techno music. Back to the root of trance dancing...

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Today is also full moon day. When the sun was at the highest in the sky, I was finally feeling hungry for breakfast and started to think about packing my stuff away. I had heard from three different sources that there is a rainbow gathering in a place called "Honey Beach". It's no where to be found in my Lonely Planet book or any indication post. No flyer, nothing really clear about it on the internet or anywhere. But last night, my third source stated :
"You first catch a bus for 7km north until Ganga Ole, where you take a ferry boat accross the river. And than walk in the jungle until there is a building in construction. And then no so far from there you should ear something going on or see some tee-pee."
As I never been to any rainbow gathering, I must go to check it out how it is like. So I packed the minimum of my stuff inside my drum and left the big backpack in the beach shack's kitchen. But all of this was after sharing another drum session with my japanese neighbour. I showed her the stuff I learned and she showed me an Indian rythm.

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Indian people have such an unusual funky way of playing the african djembe. They use a wider range of tones and countless ways of producing the strokes. When many good Indians play together it produces a very enjoyable harmony, but very few of then know what they are doing - they can't explain it, or play it any slower. They just seemed to be hitting the drum in some random way and it sounds magically nice... or terribly chaotic.

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So here I am. I am going to this rainbow right now - and hopefully there will be something going on. I might stay for a few days if I like it.

Stay tuned for the part II of the trekking, it is almost ready...