Friday, October 17, 2008

La Transe

Dimanche, 19 octobre 2008
Koh (Isle de) Pha-Ngan, THAILAND

Note: Cet article est le deuxième et dernier de la série sur la retraite de méditation (lire le premier article).
Le septième jour est arrivé quelque chose d'étrange. Alors que je me concentrais, soudainement j'ai senti ma perception altérée d'une manière inabituelle. Mon corps était paralysé, parfaitement immobile, ma respiration s'était arrêtée. Je n'avais plus aucune pensée, et je ressentais une clair division entre le corps et le mental. Comme si j'étais à 2 endroits à la fois, tout étant conscient que je pouvais arrêter ce phénomène à tout moment. Cela n'a duré que quelques secondes. À un certain moment mon mind s'est inquiété de l'entrée d'air, et tout ce phénomène s'est arrêté. Peut-être banal vous pouvez penser, mais j'ai la conviction que j'étais physiquement "ailleurs".

Selon mon guru, j'ai fait une expérience du néant (void), un espace entre 2 pensées. Apparament dans cet état d'esprit, le coeur arrête de battre aussi, cliniquement mort mais toujours vivant.

Le jour suivant, nous méditions sur un enregistrement de la NASA. Les Ingénieurs de la NASA auraient réussi à enregistrer par reverse-engineering, le son du vide de l'espace - oui apparement le vide produit un son / vibration. Impossible de concevoir un son aussi hypnotique! Je veux bien essayer de le décrire, mais il faudrait que vous l'entendiez... C'est comme une vibration excessive avec légères fluctuations, un genre de tunnel sonore spacial. Pour l'entière méditation, je me suis senti transpercé par le son. Après avoir racconté mon expérience au guru, il m'a répondu calmement que là n'était pas le but de la méditation : i.e. imaginer le néant et focusser sur le dessus de la tête (7ème et dernier chakra, saraswara). Il semblait amusé, mais pas du tout épaté, alors moi, j'avais l'impression d'avoir vécu une expérience surnaturelle.

Du début à la fin (environ 45 minutes), j'ai eu une série de visions intenses qui défilaient dans mon cerveau a une vitesse ahurissante, comme visionner dix films de science-fiction sur fast-foward. Comme les images semblaient aussi distantes les unes des autres, et sans corrélation, je me suis dit que cela devait être le fruit de mon imaginaire, bien que cela était fort saisissant. Je croyais que cela n'était qu'une étape, et qu'il y'avait possibilité d'aller plus loin que ce "monde". Je me mettait alors à focusser au niveau de saraswara, et cela ne faisait qu'en amplifier les visions. À chaque fois que je me concentrais sur le chakra du crâne, je voyais plusieurs symboles d'élévation : des échelles, des buildings immenses, des ascenseurs, des tunnels, des rails de la Terre jusqu'au ciel. Je traversais tout ces éléments à la vitesse de la pensée, puis j'arrivais un portail d'où jaillaissait un autre thème de visions.

Après un certain de temps, je suis arrivé dans l'espace et j'ai commencé à voir des créatures et objets irrééels, c.a.d. que je n'avais jamais vu ou imaginé auparavant. Certains objets semblaient avoir une structure géométrique moléculaire : des sphères de grosseurs inégales liées entre elles par un cylindre. J'admets avec un peu gêne que j'ai cru que je pouvais émettre une question dans ce flux infini. "Où donc la porte de cet univers? Comment aller plus loin?" Un lézard me regarda et se mit à suivre un chemin vers une lumière ultra brillante, il me dit : "This is gate of the galaxy" et il disparut. Je ne sais pourquoi, il m'était impossible de le suivre, au fur et à mesure que je me rapprochait de cette lumière, elle apparaissant encore plus distante. Comme si ce chemin m'étais interdit et que j'avais atteint les limites de l'espace qui m'était accessible.

Par la suite, je me suis mis a voyager dans le temps. Des animaux montant dans un bateau, des dinausores. etc. Cela était plus ou moins sans intérêt. Puis, j'ai demandé naïvement à voir mon père. J'ai vu alors une scène avec pleins d'hommes vêtus de bas en haut d'une tunique blanche, les maisons étaient blanches aussi, et les rues en terre clair sablonnée. Ces hommes, probablement musulmans à juger de leur habillement, étaient agités et leurs visages étaient couverts de colère et de haine. Il y'avait un conflit ou une guère... "Mais c'est l'Egypte!", pensais-je. J'ai aucune idée d'où est sortie cette pensée ni s'il y a raisonnement logique derrière celle-ci. C'est fort possible qu'il s'agissait d'une autre époque aussi, mais je n'arrive pas à me rapeller la présence ou la non-présence de voitures. La vision s'est dissipée graduellement, peut-être est-ce du à mes doutes, au fait que je voulais voir quelque chose de précis (actif) plutôt que simplement "regarder" passivement sans attente.

Puis après quelques autres visions, la musique s'arrêta. Quel univers incroyable, pensais-je! En gardant mes yeux fermés, cet extra-ordinaire universais se dissipait peu à peu. J'étais un peu déçu, alors que j'avais l'impression que je commençais à avoir des visions plus calmes et précises. Puis un de ces êtres irréels me dit : "Don't worry! You can come back anytime". Je souris et en ouvrant les yeux, je me suis sentis en amour avec l'Univers en entier. Je me sentais léger, et en parfaite harmonie. La méditation était plutôt mentale, mais là je sentais un bonheur immense sans raison.

Selon mon guru, il s'aggissait d'un voyage astral. Étais-ce de réels visions ou hallucinations? Aucune idée, mais cela importe peu. Même s'il ne s'agissait que de l'imagination, jamais je n'ai vécu une expérience imaginative aussi intense. Je dois mentionner que l'expérience physique était aussi saisissante, j'étais définitivement dans un état de transe. Tout en étant pleinement conscient de mon corps, c'est comme s'il était infiniment loin de "moi" sauf ma tête ou je sentais une concentration de chaleur hors de l'ordinaire, une fièvre énorme sans mal de tête.

Fin

Koh Pha-Ngan, où les Bungalows suivent le rythme de la lune

Vendredi, 17 octobre 2008
Koh (Isle de) Pha-Ngan, THAILAND

Enfin! Pour la première fois sur ce voyage, je plonge mes pieds dans le Gold de la Thailande. Ces ci-fameuses plages dont certains de mes correspondants m'ont disputé de ne pas y avoir mis les pieds plutôt. En effet, notre coeur fait "bom bom" sous l'effet de ces paysages d'une incommensurable beauté! Des coconuttiers à en perdre de vue; mais en effet il ne faut pas les perdre de vue, car une coconut qui tombe du palmier, ca peut faire des rebonds de 2 mètres! Les "bom bom" dans ce cas-ci sont à éviter... Les petits singes sont ainsi dressé pour monter dans le palmier et à faire tomber ces boulets de plusieurs kilos selon les directives du maître.

J'ai ainsi adopter le culte des coconuts - dans le cas du hammac, il fallut y penser stratégiquement - et particulièrement du lait de coco. En vérité le lait de coco n'existe pas naturellement; le liquide à l'intérieur de la noix (environ 2 litres) est le jus de coco et ça ils le jettent (bien qu'en Inde ils le boivent). Ils coupent donc la noix en 2, puis à l'aide d'un genre de mortier ils grattent la chair blanche à l'intérieur. Ils mettent donc la chair en morceau dans un outil spécialisée qui compresse le tout et génère un liquide crémeux, la crême de coconut. Pour obtenir le lait de coco, il suffit de diluer la crème avec de l'eau. L'élément sublime du célèbre green curry!

Malheureusement, le tourisme sur l'isle est développé à un tel niveau qu'à mon arrivée je me demandais s'il y'avait plus de touristes que de Thais... L'industrie ici est dominée par le culte de la Lune. Sur le côté ouest de l'isle sont célébrés les fameux "Full-Moon Party, où à chaque nouvelle lune s'y affluent une horde de touristes n'ayant pour but principal de s'alcoolifier des orteils à l'Esprit. Certes certaines bouteilles portent la mention de Spiritueux...

Au même moment sur le côté est de l'isle, le culte de la lune est célébré selon d'autres Traditions. Le Yoga y est enseigné selon un cycle de 28 jours - le temps qu'il faut à la lune pour faire sa rotation. Tai-Chi, reiki, ateliers de méditations y sont aussi présent. Jugeant que j'avais moi-même intoxiqué suffisament de ces bières fades asiatiques, j'ai donc opter pour aller étudier sur la côte est.

J'ai donc commencé avec une retraite de méditation à l'école de Yoga. Pendant 10 jours donc, j'ai du observer le silence, écouter ma respiration, et me concentrer sur un sujet fort abstrait. Il ne s'agit pas de la méthode du Bouddha (vipassana), mais plutôt de plusieurs méthodes provenant de différents systèmes spirituels d'Asie. Cinq heures le matin, puis cinq heures le soir; donc 8 heures de méditations et 2 heures de Yoga par jour. Durant les 3 premiers jours, je me suis sentis fort déprimé. Mon esprit cherchait constamment une source de plaisir, de créativité. Tous ces plaisirs de ce monde me manquait plus que jamais! Je sentais une irrésistible envie de battre mon cardio dans une activité physique intense.

Selon les Yogis, le mind (les facultés mentales en soi, distinctes du cerveau et de l'esprit) est un singe fou, recherchant sans cesse la nouveauté, la distraction, le chemin facile. Les Yogis croient que notre True Self ou Soi Intérieur ne se limite pas au corps ni au mind; et que ceux-ci doivent être disciplinés pour atteindre des niveaux de conscience supérieurs. Notre corps (ou véhicule de conscience) serait constitué de 5 niveaux : physique, vital, astral, mental, causal. La dernière couche, causal, serait notre lien avec la Réalité Suprème, Dieu, Allah, Bhrama, whatever.. Cela reprend le concept tantric que toute forme de vie possède un lien intrinsèque avec l'Essence de la vie, quelque soit le nom qu'on lui donne.

Avant mon voyage en Asie, je croyais que la méditation consistait à focusser son esprit sur un problème afin d'y trouver une solution. Au contraire, les Yogis cuisinent la méditation selon un processus bien précis en 4 simples étapes:

  1. D'abord adopter une position immobile avec les yeux fermés. Quelques respirations lentes et profondes pour calmer l'esprit, puis se dissocier de tous les sens physiques (qui sont sources de maya, illusion).
  2. Ajouter un sujet de méditation pour bypasser le mind, et l'empêcher de singer librement. Lorsque des pensées viennent troubler la concentration, ne pas les chasser, mais simplement les "écouter" tout en gardant le focus sur le sujet de la méditation.
  3. Ajouter 1 pinte d'humilité afin de dissoudre l'Égo, car il consiste l'ultime barrière mentale vers la spiritualité. A ce point, le méditateur (sujet) doit fusionner, fondre dans le thème de méditation (objet).
  4. Ajouter 2 kg de volonté, 1 litre de détermination, et une goutte d'essence surnaturelle, et c'est le samadhi. L'état de conscience ultime, le mahanirvana, the Universal Self.

Cuire pour quelques années sous la chaleur du Soleil, et mangez chaud.

Hrm... donc de retour à la pratique. Le 4ème jour, je me suis senti très très très fatigué - plus question de cardio. Je pensais sérieusement à quitter la retraite, mais je me suis arrivé à me convaincre en me disant que c'était peut-être la seule retraite de méditation que j'allais faire dans ma vie, et que j'avais vécu beaucoup de stress (terminer un projet, paquetter mon appartement, 2 nuits dans le train, etc.) pour arriver le 18 septembre (début de la retraite). Je me devais d'aller jusqu'au bout, autrement tous ces efforts auraient été inutiles.

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La semaine prochaine : l'expérience de l'état de transe...